Partie 3: Destinations & Hôtels

Le voyage fascinant et intriguant qui attend le voyageur des années 2020

La section trois part à la découverte des nombreuses destinations originales et passionnantes que TOM (Voyageur du Millénium) pourra choisir, des expériences qu’il vivra et des hôtels dans lesquels il restera.

TOM restant dans l'hôtel de l'espace

La chambre d’hôtel du futur

Dix années représentent une longue période pour la technologie de l’hôtellerie et en dix ans, la chambre d’hôtel que nous connaissons aura complètement changé, offrant confort et technologies numériques à Tom.

Nik Gupta, le Directeur des hôtels chez Skyscanner, décrit cette passionnante transformation des hôtels : « Dans 10 ans, grâce aux progrès de la technologie numérique, les voyageurs n’auront plus besoin de rencontrer un seul être humain entre le moment où ils arriveront dans l’hôtel de leur choix et le moment où ils quitteront leur chambre d’hôtel ».

« En raison de la concurrence avec le « voyage P2P », les hôtels accorderont à leurs clients des niveaux incroyables d’hyperpersonnalisation grâce à leurs appareils mobiles pour leur offrir les expériences uniques qu’ils recherchent ».

TOM changeant la température de sa chambre d'hôtel à partir d'une tablette

« Le logiciel de l’hôtel se connectera aux profils des réseaux sociaux d’un client pour lui permettre de réserver une chambre spécifique où tout sera spécialement programmé pour lui ».

« Les clients se verront proposer des listes d’activités, de restaurants et de spectacles qui répondent exactement à leurs besoins spécifiques et à leurs préférences ».

En 2024, TOM aura à sa disposition toute une gamme de technologies intuitives et intégrées depuis la seconde où il rentrera dans sa chambre, ce qui lui permettra de créer lui-même un séjour très personnalisé.

L’hôtel The Peninsula Hong Kong montre déjà les premiers signes de cette tendance : dans cet hôtel, les clients peuvent utiliser une tablette pour contrôler les lumières, les rideaux, la température et la télévision, commander leur dîner, faire des réservations au spa et prévoir leurs excursions de la journée.

La marque Conrad Hilton adhère également aux nouvelles technologies avec leur application Conrad Concierge qui permet aux clients de personnaliser entièrement leur séjour en choisissant, par exemple, leurs produits de toilette préférés ou leur petit-déjeuner depuis un smartphone tout en faisant leur jogging dans un parc.

TOM choisissant l'affichage sur le mur intéractif de sa chambre d'hôtel

Le futurologue Ian Pearson prédit que cette technologie prendra une toute autre ampleur dans la chambre d’hôtel d’un avenir proche. Les chambres d’hôtels seront équipées d’oreillers avec électronique intégrée qui peuvent offrir des massages de la tête et de la nuque pour favoriser le sommeil, ainsi que des réveils téléphoniques le matin. Elle sera également dotée de systèmes holographiques qui projettent des images en 3D de coachs sportifs personnels, de personnages de films ou même d’amis et de membres de la famille. Il prédit même qu’à l’avenir, les hôtels offriront aux clients des pyjamas avec capteurs qui peuvent surveiller les niveaux de sucre dans le sang et proposent des conseils alimentaires appropriés.

Les progrès dans le domaine de la santé et du bien-être des clients sont déjà visibles dans la chambre Stay Well du MGM Grand à Las Vegas, qui a un éclairage prévu pour recaler les horloges internes des clients subissant les effets du décalage horaire, des douches à la vitamine C, de l’air filtré via des purificateurs d’air à filtre de pointe, et des infusions d’aromathérapie en option.

Mais nous commençons aussi à voir des designers et des hôteliers créer des chambres et des ambiances plus interactives et qui changent selon l’humeur et le besoin des habitants de la chambre.

Le projet de chambre d’hôtel du futur proposé par le bureau d’études espagnol Serrano Brothers nous fait découvrir une chambre avec des murs interactifs, capables de montrer des films, des images magnifiques, des portraits de famille et des messages vidéo d’amis.

En plus de cela, ces murs peuvent se flouter pour créer des espaces privés permettant de se laver et se changer en toute intimité, ce, même dans les espaces les plus petits.

Selon le magazine New Scientist, l’apparition d’écrans tv grand format ultra fins OLED (diode électroluminescente organique) et de murs numériques proposés par des marques telles que News Digital Systems (NDS), annonce l’apparition de murs interactifs de divertissements dans les chambres d’hôtel.

Commandés par une simple application sur son téléphone, ces écrans n’ont pas besoin d’éclairage latéral et peuvent afficher des images sur un seul mur d’écrans en mosaïque.

TOM prenant sa douche dans la salle de bain futuristique avec des lumières chromathérapeutiques

Mais les innovations prévues ne s’arrêtent pas là. Même les salles de bain d’hôtels déjà élaborées connaîtront une révolution. Leur design sera repensé notamment grâce à des compteurs intelligents pour réduire notre utilisation d’eau, des capteurs de mouvement et des panneaux latéraux galvaniques seront intégrés dans les douches pour modifier la température, le débit d’eau, le jet d’eau et injecter de la vitamine C, tandis que les baignoires disposerons d’un éclairage chromathérapeutique (avec une lumière violette pour détendre les muscles, jaune pour faciliter la digestion ou bleu ciel pour stimuler et redonner de l’énergie).

Déjà testées sous forme de prototype pour des machines à laver, les douches du futur utiliseront des ultra-sons pour retirer la saleté de notre corps. Une série d’éclairages, du rouge au vert, indiquera notre degré de propreté.

« Il est encore tôt, mais la technologie est déjà en place », dit Martin Raymond, le co-fondateur de The Future Laboratory. « Le gros problème auquel les scientifiques doivent faire face, c’est l’effet que ces sons hautes fréquences auront sur les tympans. Cela pourrait les faire éclater. Donc, pour le moment, il est probable que ce type de technologie soit seulement utilisé pour nettoyer les draps de la chambre d’hôtel. »

Les systèmes Cyber Mirror développés par Cybertecture transformeront de grands miroirs en écrans tactiles à détection de geste pour que toutes les données stockées sur le cloud puissent désormais être accessible lorsque les clients se brossent les dents. Dans un avenir plus lointain, des imprimantes 3D type MakerBot seront proposées dans les chambres d’hôtel pour imprimer des produits de toilette tels que du dentifrice ou du savon.

Vaisseau spatial prêt au décollage

Dans les airs et sous l’eau

En 2024, l’espace sera l’ultime frontière pour TOM car les voyages en orbite autour de la terre seront devenus de plus en plus abordables sur le marché de l’ultra-luxe. Les stations sous-marines – déjà une réalité dans plusieurs destinations - deviendront des destinations courantes très demandées.

Les voyages dans l’espace

Aujourd’hui, des sociétés privées sont en concurrence les unes avec les autres pour proposer l’orbite de la terre comme destination pour les nantis et non plus pour les seuls milliardaires. En effet, certains projets cherchent à aller toujours plus loin dans l’espace avec des rêves de vols commerciaux jusqu’à Mars.

Comme le futurologue Daniel Burrus l’explique : « Dans plus de dix ans, nous pourrons réserver des billets pour l’espace à des prix beaucoup plus abordables, des billets pour des voyages où nous pourrons non seulement aller dans l’espace mais aussi y séjourner suffisamment longtemps pour profiter d’un environnement extra-terrestre exceptionnel ».

Une montgolfière high-tech à l'hélium utilisée pour voyager aux extrêmes limites de l’atmosphère de notre planète

« Toutefois, des voyages en orbite basse de la terre relativement abordables et qui vous permettront de ressentir pendant quelques minutes l’effet de l’apesanteur seront très bientôt proposés. »

La course à l’espace emmènera les voyageurs intrépides jusqu’aux limites extrêmes de l’atmosphère de notre planète.

À partir de 2016, World View Enterprises transportera les passagers à 30km au-dessus de la surface de la terre en cabine pressurisée suspendue à un ballon haute-technologie de 400 000 mètres cubes d’hélium.

L’achat d’un billet d’une valeur de 75 000 dollars offrira une vue – que seuls les astronautes ont pu expérimenter auparavant – de la courbure stupéfiante de la terre depuis une très haute altitude.

Un voyage orbital dans l’espace sera la prochaine étape et des sociétés commerciales se battent pour pouvoir faire des propositions abordables. SpaceX a annoncé en 2011 une percée dans la technologie des fusées réutilisables et a développé ceci plus loin avec le lancement de la dernière version de leur vaisseau spatial en mai 2014, en vue de leur ambition générale d’établir une colonie sur Mars.

Bâtiment futuristique sur la lune

L’Agence spatiale européenne et le cabinet d’architecture Foster + Partners ont également annoncé des projets visant à créer une colonie, cette fois-ci, sur la lune. Selon les chercheurs, une structure gonflable sera transportée sur la lune, puis recouverte d’une carcasse construite par des imprimantes 3D.

Gareth Williams, le PDG de Skyscanner commente :
« Sans conteste, le tourisme spatial va se développer et devenir moins cher. Mais ce qui est ou non abordable pour le grand public est une question très arbitraire, étant donné que notre planète compte 7 milliards d’habitants ».

« Je soupçonne que nous verrons la colonisation de Mars et les ambitions de Mars One ou de la vision d’Elon Musk se concrétiser avant que les voyages dans l’espace ne deviennent assez courant et assez peu cher pour que cela soit abordable pour la majorité des gens.»

Pour celles et ceux qui ont un appétit certain pour les voyages dans l’espace mais qui ne souhaitent pas dépenser la somme astronomique qu’ils représentent, il y aura le Mobilona Space Hotel, sur l’île de Barcelone.

Avec des spas en apesanteur, des planeurs spatiaux et un observatoire astronomique, cet hôtel basé sur Terre permettra à ses clients « d’expérimenter » le voyage dans l’espace en leur proposant des vues de galaxies à travers des fenêtres de cabine et des sensations d’apesanteur depuis le tunnel de vent vertical.

Navette spatiale volant autour de la Terre en orbite basse

Cependant comme Filip Filipov de Skyscanner le remarque, certains projets seront encore plus formidables que les voyages dans l’espace. Il sera en effet possible de voler à basse orbite, permettant ainsi de considérablement réduire la durée des vols intercontinentaux.

« Voyager dans l’espace sera un pas en avant révolutionnaire pour l’humanité en général, en particulier si Virgin Galactic et SpaceX remplissent leurs missions », ajoute-t-il.

« Mais le transfert de technologies que l’exploration de l’espace peut apporter à l’aviation commerciale est encore plus fascinant. Dans le cas de Virgin Galactic, dont le vaisseau peut tourner en orbite autour de la terre en 2h30, un voyageur classique pourrait faire un vol Londres - Sydney en 2h30 si la même technologie pouvait s’appliquer en toute sécurité dans l’aviation commerciale. Les voyages seront ainsi plus faciles et plus rapides que jamais, brisant les frontières du temps ».

TOM s'asseyant dans un fauteuil dans une chambre d'hôtel sous-marine

Les aventures sous-marines

Les voyages dans les profondeurs de la mer seront une autre option prisée pour TOM, une option proposée à un prix beaucoup plus abordable que les voyages dans l’espace.

Les chambres d’hôtel sous-marines existent déjà, proposées comme destinations rares et originales. Les suites Neptune et Poséidon à l’Atlantis Hotel à The Palm (Dubai) sont décrites comme des refuges romantiques avec des baies vitrées panoramiques donnant sur une mer remplie de bancs de poissons multicolores. Le gîte subaquatique Jules Undersea Lodge en Floride, construit en utilisant la technologie et le matériel sous-marins existants, offre depuis 1986 la possibilité de séjourner à plus de 9 mètres sous l’eau.

L'Hôtel Water Discus à Dubaï

Aujourd’hui, une nouvelle vague d’innovateurs du secteur du voyage veulent encore améliorer le concept, cherchant à construire tout un hôtel sous l’eau et non de simples chambres ou suites, ce qui laisse à penser que les vacances sous-marines seront une proposition bien plus courante en 2024.

Le Water Discus Hotel à Dubai est le premier de ces nouveaux hôtels.

Prévu pour une ouverture en 2015, il sera construit 9 mètres sous le niveau de la mer avec des fenêtres de style-aquarium dans 21 suites et des équipements qui permettront aux clients de sortir directement avec leur matériel de plongée. Proposant un spa, un jardin et une piscine, l’hôtel pourra, en cas d’urgence, pivoter sous l’eau et monter à la surface en moins de 15 minutes.

Gareth Williams, le PDG de Skyscanner, prédit que le voyage sous-marin prendra l’avantage sur le tourisme spatial dans les années 2020. « J’ai le sentiment que la découverte et le tourisme sous-marins se développeront beaucoup plus rapidement que le tourisme spatial de masse. Et je pense que l’on en profitera plus car il y a davantage de choses à voir sous l’eau que dans l’espace », affirme-t-il.

TOM à l'extérieur de son hébergement de vacances

Des séjours plus proches et plus personnels

En 2024, le voyage P2P et les hôtels où l’on se sent comme chez soi seront pour les voyageurs la meilleure manière de satisfaire leurs désirs de découvrir une destination à travers les yeux des habitants de la région.

Le voyage collaboratif basé sur l’échange de maisons, lancé par des sociétés comme Airbnb, est né à la suite du crash financier mondial de 2008 lorsque les consommateurs étranglés financièrement par la crise ont commencé à chercher des expériences locales authentiques, loin de l’ambiance luxueuse qui a précédé le crash.

En 2013, les revenus directement liés à l’économie collaborative aux États-Unis et notamment les services de partage comme Parking Panda, SnapGoods et On Liquid, ont atteint 3,5 milliards de dollars, selon une estimation de Forbes.

TOM à un évènement du type Supper Club

Et ce ne sont pas seulement les choix d’hébergement qui permettent aux voyageurs de vivre comme les locaux, mais aussi l’expérience du souper.

Les ‘supper clubs’, ces soirées avec dîners payants proposées par des gourmets locaux dans leurs propres maisons, se sont également beaucoup développés. Find a Supper Club, un site Internet pour des personnes gérant des clubs chez eux en Europe et aux États-Unis, compte à présent presque 7 000 membres.

Ces dix prochaines années, les conséquences de ce changement des consommateurs vers un comportement collaboratif seront énormes pour le secteur mondial du voyage. « À l’avenir, je pense que le voyage collaboratif réduira énormément le nombre de réservations de chambres d’hôtel », explique B Joseph Pine II, co-auteur de The Experience Economy: Work is Theatre and Every Business a Stage, et co-fondateur de Strategic Horizons.

« Je crois que 5 à 10% des personnes pourraient, à l’avenir, louer leur maison à des voyageurs et c’est vraiment une proportion énorme. Pour ceux qui recherchent un voyage authentique et abordable dans les pays développés, je pense qu’il n’y a rien de similaire ».

Tablette montrant une carte du monde

Le futurologue Daniel Burrus souligne l’impact qu’ont eu les réseaux sociaux sur l’industrie du voyage et sur notre quête du voyage sur mesure, adapté à nos souhaits et besoins. « Ce type de voyage social représentera une part de plus en plus officielle du secteur du voyage. Les outils des réseaux sociaux seront utilisés pour faciliter la collaboration entre les voyageurs et les personnes de la destination de leur choix », dit-il.

Filip Filipov de Skyscanner prédit que cette tendance continuera à se développer dans les années 2020.

« Les services et les voyages basés sur les échanges entre les internautes ont du succès parce que nous faisons confiance à nos amis et à notre famille. L’avis de nos proches est crédible », ajoute-t-il. « C’est de plus en plus ainsi que nous prenons nos décisions et que nous découvrons de nouvelles opportunités de voyage ».

TOM prenant une photo d'un rhinocéros

Premiers et derniers voyageurs

Alors que les réseaux sociaux ne cessent de se développer et ne semblent pas prêts de disparaître, l’envie de pouvoir se vanter de ses voyages continuera d’être l’une des motivations clé en 2024 pour partir en voyage.

Comme de nombreux voyageurs d’aujourd’hui, TOM aura peut-être envie de vivre des expériences marquantes et uniques qui susciteront l’envie de ses amis et de sa famille et il est prédit qu’il pourra choisir entre deux types de voyage diamétralement opposés.

Un voyage dans l’une des Zones Interdites, ces pays et régions autrefois rendus inaccessibles par des conflits ou des problèmes politiques, lui permettra de se vanter d’avoir été parmi les premiers à s’y rendre. Tandis que voyager pour voir un habitat ou des espèces menacés d’extinction lui donnera la fierté d’être parmi les derniers.

Parce que ces zones sont précieuses et qu’il est devenu nécessaire d’ouvrir les yeux de la communauté mondiale sur l’imminence de l’extinction de certaines espèces, les écologistes envisagent de franchir le pas et d’ouvrir des zones jusqu’ici interdites à des touristes influents prêts à payer un prix fort, qui peuvent utiliser leur pouvoir économique et médiatique pour alerter les gens sur ce qui se passe.

Filip Filipov de Skyscanner prédit que le voyage en Zones Interdites sera un grand succès dans les années 2020. « Les voyageurs des pays développés comme des pays en voie de développement chercheront le frisson de la nouveauté, l’occasion de découvrir des pays en Afrique, en Asie et en Amérique latine que leurs amis n’ont jamais visités », dit-il.

L’explosion du nombre de voyageurs chinois sera l’un des facteurs motivant l’envie de découvrir les Zones Interdites pour sortir des sentiers battus. Il y aura dans les années 2020 un afflux massif de touristes chinois vers les destinations classiques telles que Paris, Rome et New York », dit Daniel Burrus.

« De nombreuses personnes se détourneront des destinations classiques parce qu’il y aura trop de touristes et elles utiliseront leurs appareils e-agent pour rechercher des joyaux cachés que le grand public ne connaît pas encore ».

Dr Ian Yeoman, le futurologue du voyage, est d’accord. « Dans les années 2020, les pays comme l’Afghanistan, la Corée du nord et l’Iran deviendront très attirants car les voyageurs voudront être les premiers à se rendre dans des régions que leurs amis n’ont encore jamais vues », explique-t-il.

« En Afrique, le Botswana est un pays à découvrir. L’économie y est prospère, la sécurité plus grande qu’en Afrique du sud et il y a de beaux parcs nationaux. La Chine investit massivement en Angola actuellement, ce qui pourrait également faire décoller ce pays.»

Le Liban va devenir le nouveau Dubaï si la situation politique continue de s’améliorer. Et le Bhoutan va devenir l’un des grands acteurs mondiaux du voyage de luxe ».

Être la première personne à se rendre dans une Zone Interdite peut apporter un certain cachet social au voyageur le plus audacieux en 2024. Mais ce sera aussi le cas pour la dernière personne qui verra dans la nature un rhinocéros, un tigre ou un orang-outan ou qui rendra visite à une tribu ‘perdue’ avant que ses membres n’aient été assimilés dans la culture mondiale dominante.

Comme l' explique Raynald Harvey Lemelin, coéditeur du livre Last Chance Tourism: Adapting Tourism Opportunities in a Changing Worldtourisme :

« Autrefois, la volonté de vouloir ‘être le premier’ avait entraîné une ruée vers les destinations exotiques. Mais dans un monde en rapide évolution, le nouveau phénomène dans le monde des voyages est d’être le ‘dernier’».

L’un des éléments de cette tendance sera la « course à l’extinction » car les voyageurs, en particulier ceux du monde développé, vont se ruer pour aller voir les espèces que l’on ne verra bientôt plus à l’état sauvage.

« Nombre de nos voyageurs actuels ressentent l’envie urgente de voir les ours polaires avant que les effets du réchauffement climatique n’aient des conséquences plus graves »,

dit Rick Guthke, Directeur général du tour opérateur spécialisé Natural Habitat Adventures. Des dizaines de milliers de touristes affluent chaque année dans le nord du Canada pour voir les ours polaires dont la survie n’est pas assurée en raison de la fonte rapide de la banquise qui les empêche de rejoindre leurs terrains traditionnels de chasse aux phoques.

Selon les spécialistes, d’autres espèces en voie d’extinction auront disparu d’ici dix ans : les tortues luths (Océan Indien), les tamarins bicolores (Manaus, Brésil), le rhinocéros noir (Afrique de l’Est et Centrale), l’alligator chinois (rivière Yang-Tsê Kiang), la chauve-souris des Seychelles, la gazelle Dama gazelle (Tchad), le chameau de Bactriane (désert de Gobi), le wombat à nez poilu (Australie), le lynx ibérique (Espagne) et l’orang-outan de Sumatra (Bornéo et Sumatra).

Cependant, Le Daily Telegraph rapporte que la plupart des conservateurs s’accordent sur le fait que les revenus provenant du tourisme jouent un rôle crucial si l’on veut gagner la bataille et permettre la survie des espèces en voie de disparition.

« Ce qu’il faut retenir c’est que si nous abandonnons le tourisme, nous abandonnons la conservation. » souligne l’expert Jonathan Scott de Kenya Wildlife. « Quand les gens nous demandent ‘Comment pouvons-nous vous aider ?’, nous leur répondons : ‘En faisant un safari.’ Le tourisme de faune n’est pas un choix, c’est une nécessité. Il permet de payer les factures et de maintenir le parc et les réserves en vie. Sans l’argent des touristes, autant donner la faune aux braconniers.»

Ce point de vue encouragera TOM à visiter une initiative d’écotourisme dans le futur, satisfaisant son désir de voir des espèces et des habitats qui existent encore tout en montrant son soutien pour les espèces en voie de disparition.

« L’égo-tourisme est une forme d’éco-tourisme. Autrefois les gens voulaient se rendre dans de nouvelles régions pour être les premiers à y aller, mais à présent ils veulent voir un lieu avant qu’il ne disparaisse », dit Rosaleen Duffy, auteur de Nature Crime: How We’re Getting Conservation Wrong.

Conclusion

En 2024, non seulement la chambre d’hôtel dans laquelle TOM restera, aura été complètement transformée par les progrès de la technologie, mais la destination où se trouve l’hôtel aura elle aussi changé, car de nouvelles stations de vacances, de nouveaux secteurs régionaux et formats apparaissent.

Les suites d’hôtel hyper-personnalisées offriront des murs interactifs tactiles qui servent d’écrans vidéos, de centres de communication ou même se transforment en panneau opaque créant des zones d’intimité. Des douches à la vitamine C, une ouverture de la porte par technologie rétinienne, des oreillers électroniques qui massent pour s’endormir et des coachs personnels holographiques seront également proposés par ces hôtels.

Les destinations prisées de la prochaine décennie seront des voyages et même des séjours en orbite autour de la terre, des vacances dans des hôtels sous-marins et des expéditions permettant d’être le premier à voir des pays autrefois en proie à des troubles en Asie, Afrique et au Moyen-Orient, ou pour être le dernier à voir une espèce ou un habitat menacé par le changement climatique ou l’envahissement des êtres humains.

Au milieu des années 2020, les touristes chercheront de plus en plus à devenir plus proches et plus intimes avec les habitants de la région – et des lieux – et des millions de gens loueront leurs maisons à des touristes et les hôtels et les stations adopteront une ambiance et une philosophie P2P où les touristes se sentiront comme chez eux.

Conclusion
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Une description du secteur du voyage en 2020

Pour comprendre le monde du voyage des années 2020, nous devons prendre en considération les forces technologiques, économiques et sociales qui vont remodeler le secteur mondial du voyage ces 10 prochaines années.

Le facteur le plus important à l’œuvre est peut-être le développement vers la Maturité numérique. En 2014, le cyberespace et les technologies qui lui sont associées n’apparaissent plus comme originaux et surprenants. Ils deviennent la toile de fond de nos vies.

En Chine, 464 millions de personnes, soit 34,5% de la population totale, ont maintenant accès à Internet via leurs smartphones ou appareils mobiles, selon le Centre chinois d’Informations sur le Réseau Internet. L’Asie sera témoin de la plus grande croissance de la classe moyenne, qui devrait tripler pour atteindre 1,7 milliard de personnes en 2020, selon la Brookings Institution. Son pouvoir d’achat générera au niveau mondial de nouveaux comportements et attitudes envers les technologies numériques.

D’ici 2024, la connectivité Internet et les appareils mobiles qui la rendent possible paraîtront aussi ordinaires que l’éclairage électrique ou le chauffage central aujourd’hui. La technologie sera totalement intégrée dans le quotidien des voyageurs, que ce soit dans les économies développées ou dans les économies en voie de développement. Selon Cisco Systems, il y aura 50 milliards d’appareils connectés à Internet en 2020.

Il y aura simultanément une explosion des voyages de la part des marchés florissants d’Asie, d’Amérique du sud et d’Afrique, les nouvelles économies émergentes de chaque région, le pouvoir d’achat de leurs consommateurs augmentant énormément.

En 2030, l’Asie, l’économie régionale à la croissance la plus forte et la plus rapide, doublera son PIB jusqu’à 67 milliards de dollars US, devançant les prévisions des PIB pour l’Europe et les Amériques conjuguées, selon le Boston Consulting Group.

Les millions de voyageurs des marchés florissants annoncent une ère de mobilité mondiale, avec, pour la prochaine décennie, une forte expansion du secteur mondial du voyage – et donc de la demande en matière de voyages.

Le Conseil Mondial du voyage et du tourisme prévoyait une croissance de 3,2 % dans le secteur mondial du voyage en 2013, devançant largement la croissance prévue de 2,4 % du PIB mondial. L’écart a même été plus important pour les économies émergentes en 2012, la Chine et l’Afrique du sud ayant affiché une croissance annuelle de 7 % dans le secteur du voyage et l’Indonésie une augmentation de 6 %.

La vitalité financière des Marchés Florissants sera un antidote mondial nécessaire aux incessants problèmes économiques qui modifieront l’attitude des voyageurs dans les vieux marchés, les économies en Europe et aux États-Unis dont la croissance a été réduite ces cinq dernières années par la dette post-krach et l’austérité.

Comme le rapport 2012/2013 d’IPK International sur les Tendances mondiales du voyage le déclare : « Un nombre croissant de ces pays ne sont pas en mesure de payer leurs dettes. La crise de la dette ne touche pas encore à sa fin et les conséquences négatives sur les comportements dans le domaine du voyage, que l’on appelle : la ‘mobilité à la baisse’, en Europe de l’Ouest, aux États-Unis et au Japon ne peuvent être exclues ».

Le dernier facteur permettant de définir le secteur mondial du voyage des années 2020 est un facteur social. Une bombe à retardement démographique se prépare alors que la population mondiale vieillit à une vitesse sans précédent.

Le siècle dernier a été témoin de la plus rapide baisse de la mortalité de l’histoire avec une espérance de vie au niveau mondial augmentant dans son ensemble de 47 ans en 1950–1955 à 69 ans en 2005–2010, selon les Nations Unies.

En 1950, les enfants de moins de 15 ans étaient deux fois plus nombreux que les adultes de plus de 60 ans. En 2050, il y aura deux fois plus de personnes âgées de plus de 60 ans que d’enfants.

Ainsi, en 2024, notre voyageur effectuera son voyage dans un monde dans lequel la demande des marchés florissants de nouvelles expériences sera contrebalancée par la prudence financière des vieux marchés de l’Europe et des États-Unis, toujours en période de relance économique.

Et il lui semblera normal que chaque aspect du voyage, de la découverte et de la réservation au transport et au vol, intègre les nouvelles technologies numériques, tel qu’il y est habitué, de manière homogène et naturelle.




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Méthodologie de la recherche

Ce rapport Skyscanner est le fruit du travail d’une équipe de 56 personnes (éditeurs, chercheurs et spécialistes des réseaux du futur) dans des villes internationales clés pour dresser un tableau détaillé des technologies révolutionnaires des dix prochaines années et des nouvelles destinations originales qui transformeront le secteur mondial du voyage dans les années 2020.

Les experts

Nous avons analysé les technologies futures et les nouveaux comportements dans le secteur du voyage en nous mettant à l’écoute du savoir-faire d’un certain nombre d’experts renommés, comme le futurologue Daniel Burrus, auteur de Technotrends: How to Use Technology to Go Beyond Your Competition et le futurologue des voyages Dr Ian Yeoman.

Nous avons également tiré profit des enseignements fournis par le stratège numérique Daljit Singh; du Directeur britannique des technologies du futur de Microsoft Dave Coplin; du Directeur exécutif et créatif du Creative Lab de Google Steve Vranakis; de Kevin Warwick, Professeur de cybernétique à l’Université de Reading; et Martin Raymond, co-fondateur de The Future Laboratory et auteur de CreATE, The Tomorrow People et de The Trend Forecaster’s Handbook.

Nous avons également fait appel à des experts de Skyscanner qui ont été choisis pour leur discernement et leur expertise et ont été, dans la mesure du possible, directement cités dans le rapport. Parmi ces experts : La Présidente Margaret Rice-Jones, le PDG et co-fondateur Gareth Williams, le Directeur de la Technologie Alistair Hann, le Responsable B2B Filip Filipov, le Directeur des Hôtels Nik Gupta et le Responsable Marketing Dug Campbell.

En collaboration avec les experts cités ci-dessus, nous avons utilisé le réseau en ligne de The Future Laboratory, LS:N Global, pour compléter les recherches ainsi que les conclusions des rapports annuels fournis par The Future Laboratory sur les voyages, la technologie, l’alimentation et l’hôtellerie.




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Ressources

l’avenir du voyage 2024 - Partie 1 PDF (2.5Mb)


l’avenir du voyage 2024 - Partie 2 PDF (2.5Mb)







l’avenir du voyage 2024 - Partie 3 PDF (2.5Mb)







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